YIN XIUZHEN – ARTIST

In partnership with the non-profit organisation Art of Change 21, which connects contemporary art and major environmental issues, ACA project was honoured to ask questions to artist Yin Xiuzhen (b.1963, Beijing, China), with the kind help of PACE gallery.

Yin Xiuzhen draws her inspiration from the rapidly changing cultural environment of her native Beijing. She uses secondhand objects like clothing, shoes, and suitcases to create sculptures and installations which operate as sculptural documents of memory, alluding to the lives of individuals who are often neglected in the drive toward rapid development, excessive urbanisation, and the growing global economy.

Yin Xiuzhen, « Collective Subconscious », 2007 – Courtesy : PACE Gallery

ACA project & Art of Change 21 : Your work raises awareness of the effects of globalization, including its consequences on the environment and urbanization. How did these issues appear in your work?

Yin Xiuzhen : In the 1990s, the end of the Cold War moved the world from confrontation to integration. The rise of the Internet and the convenience of means of transportation make international communication tend to be frequent. Travel experience, the drastic changes in the surrounding environment and the impact of large-scale urbanization on our lives have given me many ideas to present my understanding of the impact of globalization in an artistic way. My works « Washing the River » and « Abandoned Capital », both made in the 1990s, are discussions of environmental and urbanization issues. Since 2001, I have been working on the series of « Portable City ». By collecting clothes worn by different people in different cities around the world, I can connect with people and sew their cities with these used clothes, which can be sewn into suitcases and be carried. So far it has been done in 43 different cities around the world. Every creation is a communication between the city and the rest of the world. I value the different cultures and life experiences embodied in the clothes people wear. These factors are indispensable to the process of globalization and urbanization, temperature, and emotion.

Why are textiles one of your main materials?

I use a large amount of used clothes as one of the materials for my creations. Although these are textiles, what I value is the invisible but perceptible thing attached to these textiles. I define clothes as: the second skin of human beings. It is actually one of our « social skins ». These fabric soft break with the body of « social image », when they are designer made, with the age, class, social division of labor, aesthetic tendency, and so on, wait for consumer choice, the aesthetic influence each other under the globalization, makes the clothing design has become a global body language communication. When these textiles with branding and body temperature leave the body and specific use value, they will still carry the imprint of people’s experience, memory, and the times. I use not only the textile objects themselves, but also the soul of these textiles to convey my understanding of the world.

Yin Xiuzhen, « Portable City, Shanghai », 2002 – Courtesy : PACE Gallery

Your interventions are often participative – for “Washing the River” (1995) you invited viewers to wash a bloc of frozen polluted water, for instance – and immersive – “Collective Subconscious” 2007, “Thought” 2009. Why are these dimensions important to you?

The world is one in which people need to support each other, communicate with each other, and coexist. The human element is crucial. I hope that works can unite people in an artistic way. I also hope to let people contact the works in different ways, not just stay in the dimension of « look ».

How is your work received in China? 

Great changes have taken place in China since the 1990s. The acceptance of contemporary art has also changed dramatically. Every time I present my work, I still get a lot of support and participation. The public’s awareness of environmental protection and participation in social environmental transformation is also constantly strengthened. The influence of contemporary art among the public is also growing.

How would you define your role as an artist – if an artist has to have one?

The role of human beings in life is diverse, and it is this diversity that makes the role of artists have rich colors. The pursuit of creation and freedom is the nature of artists. Kindness, responsibility to society and tolerance to the world are also important.

What contemporary issues are you most engaged in at the moment?

How a world separated by the pandemic and different values can return to freedom. How to find practical solutions and directions to the problem of the world’s environment and climate deterioration.

What are your future projects?

I am currently working on a solo exhibition at the Shanghai Museum of Glass.

Interview by Lou Anmella-de Montalembert & Alice Audouin – November 2021

Yin Xiuzhen, « Thought », 2009 – Courtesy : PACE gallery

En partenariat avec l’association Art of Change 21, qui relie l’art contemporain et les grands enjeux environnementaux, ACA project a eu l’honneur de poser des questions à l’artiste Yin Xiuzhen (née en 1963, Pékin, Chine), avec l’aide précieuse de la galerie PACE.

Yin Xiuzhen puise son inspiration dans l’environnement culturel à l’évolution rapide de sa ville natale, Pékin. Elle utilise des objets de seconde-main comme des vêtements, des chaussures et des valises pour créer des sculptures et des installations qui fonctionnent comme des documents sculpturaux incarnant la mémoire, faisant allusion à la vie d’individus souvent négligés dans la course au développement rapide, à l’urbanisation excessive et à la croissance de l’économie mondiale.

Yin Xiuzhen, « Ruined City », 1996 – Courtesy : PACE gallery

ACA project & Art of Change 21 : Votre travail sensibilise aux effets de la mondialisation, notamment à ses conséquences sur l’environnement et l’urbanisation. Comment ces enjeux sont-ils apparus dans votre travail ?

Yin Xiuzhen : La fin de la guerre froide dans les années 1990 a fait passer le monde de la confrontation à l’intégration. Les communications internationales sont devenues fréquentes dû à l’essor d’Internet et la commodité des moyens de transport. L’expérience de voyage, les changements drastiques des milieux environnants et l’impact de l’urbanisation à grande échelle sur nos vies m’ont donné de nombreuses idées pour incarner ma compréhension de l’impact de la mondialisation de manière artistique. Mes œuvres « Washing the River » et « Abandoned Capital », toutes deux réalisées dans les années 1990, sont des discussions sur les questions environnementales et d’urbanisation. Depuis 2001, je travaille sur la série « Portable City ». En collectant des vêtements portés par différents individus dans différentes villes du monde, je peux me connecter avec ces personnes et coudre leurs villes avec ces vêtements usagés, qui peuvent être cousus dans des valises et transportés. Jusqu’à présent, cette oeuvre a été réalisée dans 43 villes à travers le monde. Chaque création est une communication entre la ville et le reste du monde. J’apprécie les différentes cultures et expériences de vie incarnées dans les vêtements que les gens portent. Ces facteurs sont indispensables au processus de mondialisation et d’urbanisation, de température et d’émotion.

Pourquoi avoir choisi le textile comme l’un de vos matériaux privilégiés ?

J’utilise une grande quantité de vêtements usagés comme l’un des matériaux de mes créations. Bien que ce soient des textiles, c’est la dimension invisible mais perceptible qui leur est attachée que j’apprécie. Je définis les vêtements comme la seconde peau des êtres humains. C’est en fait l’une de nos « peaux sociales ». Ces tissus rompent « l’image sociale » du corps – l’âge, la classe sociale, la division sociale du travail, la tendance esthétique, etc., – lorsqu’ils sont fabriqués par des créateurs, qui attendent le choix du consommateur. Avec le phénomène de mondialisation, les esthétiques s’influencent mutuellement et la conception de vêtements est devenue une communication globale du langage corporel. Lorsque ces textiles marqués d’une identité et d’une température corporelle ne sont plus portées ni utilisés pour leur valeur d’utilisation spécifique, ils portent toujours l’empreinte de l’expérience, de la mémoire et d’une époque. J’utilise non seulement les objets textiles eux-mêmes, mais aussi l’âme de ces textiles pour transmettre ma compréhension du monde.

Yin Xiuzhen, « Thought », 2009 – Courtesy : PACE gallery

Vos interventions sont souvent participatives – par exemple, pour « Washing the River » (1995) vous avez invité le public à nettoyer un bloc de glace d’eau polluée – et immersives – « Collective Subconscious » 2007, « Thought » 2009). Pourquoi ces dimensions sont-elles importantes pour vous ?

Nous vivons dans un monde dans lequel les individus ont besoin de se soutenir, de communiquer entre eux et de coexister. L’élément humain est crucial. J’espère que mes œuvres pourront unir les individus de manière artistique. J’espère aussi laisser le public entrer en contact avec mes œuvres de différentes manières, pas seulement rester dans la dimension contemplative.

Comment votre travail est-il reçu en Chine ?

De grands changements ont eu lieu en Chine depuis les années 1990. L’acceptation de l’art contemporain a également radicalement évolué. Chaque fois que je présente mon travail, je reçois beaucoup de soutien et de visiteurs. La sensibilisation du public à la protection de l’environnement et sa participation à la transformation sociale de l’environnement est également constamment renforcée. L’influence de l’art contemporain auprès du public est également croissante.

Comment définiriez-vous votre rôle en tant qu’artiste – si un artiste devait en avoir un ?

Le rôle des êtres humains dans la vie est diversifié, et c’est cette diversité qui rend le rôle des artistes riche en couleurs. La nature des artistes réside dans la poursuite de la création et de la liberté. La gentillesse, la responsabilité envers la société et la tolérance envers le monde sont également des qualités indispensables.

Dans quelles problématiques contemporaines êtes-vous le plus engagé en ce moment ?

Je m’intéresse à savoir comment un monde séparé par la pandémie et des valeurs différentes peut retrouver la liberté. Et comment trouver des solutions pratiques et des orientations au problème mondial de l’environnement et de la détérioration du climat.

Quels sont vos projets à venir?

Je travaille actuellement sur une exposition personnelle au Musée du verre de Shanghai.

Entretien réalisé par Lou Anmella-de Montalembert & Alice Audouin – Novembre 2021

Yin Xiuzhen, « Washing the River », 1995 – Courtesy : PACE gallery