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L’exposition « Đoàn tụ. Les eaux d’où l’on vient » se déroule du 26 février au 22 mars 2026 à l’Espace Saint-Rémi, Bordeaux. D’après les recherches prospectives de Pierre-Antoine Irasque, le trio de commissaires Eléonore Hải Vân Tran, Camille Minh-Lan Gouin et Margot Huynh Mai Nguyen met en lumière le travail de 25 artistes vietnamien·n⋆e⋆s⋆x et vietnamo-descendant⋆e⋆s⋆x*, pour explorer la mémoire des diasporas vietnamiennes dans ses relations avec l’art contemporain et les pratiques des arts visuels, de l’installation, du cinéma, du documentaire sonore, des arts vivants et de la performance.
*Liste des artistes Exposés : Mathias Bensimon, Kim Doan Quoc, Alix Douart Sinnouretty, Manon Ficuciello, Liên Hoàng-Xuân, Luléa Joachim-Tran, Quỳnh Lâm, France Lan Lê Vu, Gil Lekh, Thiên Ngoc Ngô-Rioufol, Cát Nguyên, Flora Nguyen, Lê Hoàng Nguyên, Minh Hieu Ti Nguyen, Camille Nguyễn Vân Thanh, Matthias Pasquet, Pauline Payen, Prune Phi, Tom Sam, Régis Sénèque, Jade Hoa-Rose Tailhandier, Clément Thanh Danh Lê, Nicole Tran Ba Vang, Kianuë Tran Kiêu, Trúc Ahn
Partenaire de l’exposition, ACA project en partage ci-dessous l’essai curatorial, suivi d’une proposition de traduction en anglais. Le dossier de presse de l’exposition (en français) est accessible en suivant ce lien.
Đoàn tụ. Les eaux d’où l’on vient
La diaspora vietnamienne en France est multiple, formée par les vagues d’exil ayant suivi la guerre d’Indochine (1946-1954) puis la guerre du Vietnam (1955-1975) qui lui a succédé. Rapatrié.e.s du CAFI, eurasien.ne.s de la FOEFI, réfugié.e.s boat-people jusqu’aux migrant.e.s dit.e.s économiques : tous.tes ont eu leurs noms, leurs sigles, leurs statuts définis. À leur arrivée en France iels sont tantôt parqué.e.s dans des lieux abandonnés et reculés, tantôt disséminé.e.s de part et d’autre du pays. À la fin des années 1970, afin d’éviter que ne se forment des enclaves diasporiques, la naturalisation – exceptionnellement rapide – des Vietnamien.ne.s se fait à condition d’accepter l’isolement. Seuls sont réunis les membres directs d’une même famille. Malgré ces politiques d’invisibilisation, le souvenir du Vietnam s’est enraciné sur le territoire français, émergeant du sol sous forme de pagodes, restaurants et autres galeries marchandes. En ces lieux de mémoire se sont construites les générations suivantes. Nées de l’entre-deux, elles composent avec le silence et la contradiction, et prient timidement des aïeux dont elles ne parlent pas la langue, ou peu, devant des autels peuplés d’images aussi familières qu’inconnues. Troublant les notions d’origine et de retour, les artistes présenté.e.s dans cette exposition naviguent entre le Vietnam et ses diasporas, sondant les eaux, creusant la terre et leur peau, à la recherche de ce que serait cette Vietnamité dont iels ont hérité. Les oeuvres produites à partir des éléments qu’iels glanent établissent des ponts d’une rive à l’autre, suturent les parts morcelées de leur être, complètent la trame trouée de récits collectifs et dessinent de nouvelles généalogies, fictives ou fantômes, choisies ou rêvées.
Đoàn tụ se comprend alors comme une manière de se retrouver entre proches inconnus, relié.e.s par un même point de départ, une même origine. La multiplicité des formes et médiums employés par les artistes trace autant de courants irriguant un seul et même fleuve. C’est une mise en commun, un récit fait tour à tour du Vietnam de chacun.e.s, celui de leurs ancêtres et celui qui les compose. Comme une myriade de rayons se réfractant dans l’eau, les oeuvres réunies forment ainsi le portrait d’un Vietnam ondoyant.
The exhibition “Đoàn tụ. The Waters from Which We Come” runs from February 26 to March 22, 2026, at Espace Saint-Rémi in Bordeaux. Based on the exploratory research of Pierre-Antoine Irasque, the curatorial trio of Eléonore Hải Vân Tran, Camille Minh-Lan Gouin, and Margot Huynh Mai Nguyen highlights the work of 25 Vietnamese and Vietnamese-descendant artists*, to explore the memory of Vietnamese diasporas in relation to contemporary art and practices in the visual arts, installation, film, sound documentary, the performing arts, and performance.
*With artists : Mathias Bensimon, Kim Doan Quoc, Alix Douart Sinnouretty, Manon Ficuciello, Liên Hoàng-Xuân, Luléa Joachim-Tran, Quỳnh Lâm, France Lan Lê Vu, Gil Lekh, Thiên Ngoc Ngô-Rioufol, Cát Nguyên, Flora Nguyen, Lê Hoàng Nguyên, Minh Hieu Ti Nguyen, Camille Nguyễn Vân Thanh, Matthias Pasquet, Pauline Payen, Prune Phi, Tom Sam, Régis Sénèque, Jade Hoa-Rose Tailhandier, Clément Thanh Danh Lê, Nicole Tran Ba Vang, Kianuë Tran Kiêu, Trúc Ahn
As a partner of the exhibition, ACA project shares below a proposed English translation of the curatorial essay. The exhibition press kit (in French) is available via this link.
Đoàn tụ. The Waters from Which We Come
The Vietnamese diaspora in France is diverse, shaped by the waves of exile that followed the Indochina War (1946–1954) and the subsequent Vietnam War (1955–1975). CAFI returnees, FOEFI Eurasians, boat people refugees, and so-called economic migrants: all had their names, their acronyms, their statuses defined. Upon their arrival in France, they were sometimes herded into abandoned and remote locations, and at other times scattered across the country. In the late 1970s, to prevent the formation of diaspora enclaves, the exceptionally rapid naturalization of Vietnamese people was conditional on their acceptance of isolation. Only immediate family members were allowed to live together. Despite these policies of invisibilization, the memory of Vietnam took root on French soil, emerging in the form of pagodas, restaurants, and shopping centers. In these places of memory, subsequent generations have been shaped. Born of this in-between space, they navigate silence and contradiction, and timidly pray to ancestors whose language they do not speak—or speak only a little—before altars filled with images that are as familiar as they are unknown. Challenging notions of origin and return, the artists featured in this exhibition navigate between Vietnam and its diasporas, probing the waters, digging into the earth and their own skin, in search of what this “Vietnamese-ness” they have inherited might be. The works produced from the elements they gather build bridges from one shore to the other, stitch together the fragmented parts of their being, fill in the gaps in collective narratives, and trace new genealogies—fictional or phantom, chosen or dreamed.
« Đoàn tụ » can thus be understood as a way of reconnecting with familiar strangers, linked by a shared starting point, a shared origin. The multiplicity of forms and media employed by the artists traces as many currents feeding a single river. It is a pooling of perspectives, a narrative woven in turn from each person’s Vietnam, that of their ancestors, and the one that shapes them. Like a myriad of rays refracting in water, the gathered works thus form a portrait of a rippling Vietnam.
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